« Cahier du tachycarde (1) | Page d'accueil | Cahier du tachycarde (3) »
09/06/2005
Cahier du tachycarde (2)
David et la mort
Dans ce mythe qui les fascine tous, David et Goliath, c'est le plus petit qui triomphe du plus grand, par le truchement du projectile. Ainsi dans la savane, des lions colossaux s'effondrent à des kilomètres du chasseur blanc après qu’il a soigneusement visé le roi de la jungle dans sa lunette réticulée. Le projectile est un désir de mort que la factorisation de la distance par la vitesse rend effectif. Une fois encore c’est l’espace libre entre le plus faible et le plus fort qui rend possible le meurtre du plus fort par le plus faible. Toute étreinte est favorable au plus fort. Toute distance, au plus faible. C’est pourquoi, en amour, celui qui perd c’est toujours le plus faible des deux. En amour Goliath dévore toujours David. Quand les bouches se mêlent, que les sexes s’imbriquent, que les cœurs battent, c’en est fait du faible, dont la fronde symbolique reste flaccide. C’est ainsi que le monde m’intéresse. Je veux des Goliath victorieux, je hais les David. Je veux un monde d’étreintes et de combats perdus, je veux un monde sans la distance mortifère et le projectile qui la parcoure pour tuer les dieux et les titans. L’espoir est à ce prix, la vie est à ce prix.
17:00 Publié dans Tachycardie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les commentaires sont fermés.