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30/01/2006

Journal interrompu de Menahem Mensch

"Je vole le pain dans les assiettes.

je bois aux seins des mères qui accouchent.

…vos filles caressent mes cheveux en riant

Je passe

et les nuages s’enroulent comme des draps

dans un grenier on a compté mille rats

…vos filles caressent mes cheveux en riant

Je passe

et les pères tremblent comme des pucelles

les lèvres des adolescentes deviennent bleues comme la mer

…vos filles caressent mes cheveux en riant

j’ai à la place du coeur, un oeil oblong

je suis le poison dans la bague,

la guerre qui enlève le fils

l’abeille que l’enfant avale, au milieu des fleurs mauves

Vos filles caressaient mes cheveux

mais elles sont si vieilles maintenant qu’on leur voit le crâne sous la perruque

si vieilles, et elles tendent pourtant

leurs mains angulées

encore une dernière fois vers mes cheveux"

Commentaires

Pas mal, pas mal, on dirait de la peau et zie...
Et merci pour votre commentaire sur mon blog au sujet du paradoxe et des affres de l'écrivain face à l'édition actuelle. C'est une consolation comme une autre et un rappel à ce qui devrait être notre qualité principale, la modestie !!!

Ecrit par : CCRIDER | 08/02/2006

Rassurez-vous, cher CCRIDER, je ne trouvais pas que vous manquiez de modestie, bien au contraire ! Il est parfaitement honorable de vouloir exister dans le désir d'autrui. Recevoir une lettre de refus d'un éditeur, c'est être expulsé du désir éditorial, c'est retourner à l'unité. Je dis toujours que se faire désirer c'est avoir les clés des rêves de l'autre. De pouvoir y entrer en somme, de pouvoir y résider. Le désir de l'autre permet l'ubiquité en rhizome. Nous ne voulons pas être arbre, nous voulons être rhizome, le rhizome est éternel, l'arbre est mortel (Deleuze)

Ecrit par : blog | 09/02/2006

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