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  <title>Ceci n'est pas une pipe</title>
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  <subtitle>Ceci n'est pas une pipe</subtitle>
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        <name>Elias</name>
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      <title>Cahier du tachycharde (6)</title>
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      <published>2008-04-01T14:58:00+02:00</published>
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                              <summary>   Collisions    &amp;nbsp;   &amp;nbsp;A cette minute&amp;nbsp;:   Un homme étrangle la...</summary>
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           &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Collisions&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;A cette minute&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un homme étrangle la femme qu’il vient de violer. Un paysan africain contracte un mal tropical hémorragique, rare et incurable. Trois voyous armés s’apprêtent&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; à enfoncer une porte et à noyer un mauvais payeur dans la cuvette de ses chiottes. Un vieil Espagnol, en vacances à Ibiza, sent une pression étouffante s’emparer de sa poitrine. Une mère est réveillée par la police en pleine nuit&amp;nbsp;: elle n’est plus mère. Louis quitte Myriam pour Lisebelle. Un adolescent se pend dans un grenier après qu’une fille a répandu partout le bruit qu’il n’arrivait pas à bander. Par une fenêtre d’hôpital, un cancéreux regarde un couple courir sous la pluie et s’abriter sous un porche. Les lymphocytes T4 d’un saxophoniste de Manhattan produisent le virus HIV a raison d’un milliard de copies toutes les dix heures. Un pneu éclate sur l’autoroute. Un alpiniste polonais qui faisait seul l’ascension de l’Annapurna crache le sang d’un œdème pulmonaire&amp;nbsp;; il redescend précipitamment et dévisse dans une galerie de glace. Le patron d’une entreprise de moquettes gifle de toutes ses forces un subalterne. Un garçon apporte un billet fleuri à une fille qui, ayant lu, hausse les épaules et lui rend le papelard en regardant ailleurs. Deux Tchétchènes égorgent un conscrit de Léningrad en plein bois, devant une caméra vidéo.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Tout l’univers s’est formé à partir de collisions, d’explosions, de fusions, d’étirements, de rapports de masses, de forces, de puissances qui se rencontrent et s’affrontent pour la domination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La condition philosophique de l’espace-temps est en quelque sorte la Violence. C’est aussi pourquoi toutes les &lt;i&gt;politiques&lt;/i&gt; sont des &lt;i&gt;politiques de collision&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; 
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        <name>Elias</name>
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      <title>Journal interrompu de Menahem Mensch</title>
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      <published>2008-04-01T14:24:00+02:00</published>
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                              <summary>   &amp;nbsp;      «   Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes...</summary>
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           &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;«&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes&lt;/i&gt; chantaient les gars à la cognée de Craonelle. Et siffle le flûtiau du maréchal des logis Pierre Maistre, et voici une haie de bonshommes qui quitte la tranchée, musique en tête, baïonnette devant. En face, un Hans a relevé le museau de sa mitrailleuse. Le premier à tomber a une femme, Babette, et cinq enfants. Deux trous au sternum vont interdire les retrouvailles. Colin et Maillot s’écroulent ensemble (ils se chamaillaient hier à propos d’une ration de pain de ménage&amp;nbsp;; les voilà réconciliés). A droite, un jeune militaire d’active beauceron qui fonce, casque en avant et son hurlement le précédant, a cru entendre un soupir&amp;nbsp;: c’est une mine qui s’est mise en route sous sa course&amp;nbsp;; maintenant, les camarades qui couraient à ses côtés portent de drôles de colliers de chair à leur vareuse. Un obus tombe sur le maréchal au sifflet, et soudain on dirait qu’un gendarme s’est endormi au soleil. Baguet éclate. Saulnier n’a plus de tête, mais épaule encore son Lebel 1886. Coretta est réduit. En arrière, on fait donner les Sénégalais, mais ils ne partent pas bien&amp;nbsp;; derrière le rideau de coupe-coupe, les corps se délitent comme de la sciure et régalent les Maxim d’en face. Cinquante d’entre eux regagnent la tranchée à reculons. A renforts de cris, la moustache bleue, un sergent distribue des coups de pelle, et ils repartent. Sans tam-tam. En vingt mètres, l’Afrique ne fait plus aucun bruit. Devant les guets boches, José Luneau décide de faire le mort. Il lâche son barda comme au théâtre, plie le genou et tombe mort effectivement, le visage emporté par une volée de fer. Pendant ce temps, le lieutenant Raoul Destrappes a récupéré le sifflet dans les intestins du maréchal des logis Maistre, et il entend tremper la troupe en soufflant dans l’instrument. Revolver au poing, pour la coquetterie, il vagit entre deux coups de flûte, comme on met du vin dans une soupe froide.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Rémy Gurr est le premier à atteindre la frise de barbelés. A son heure, il était ferronnier à Nantes, les entrelacs, il croyait connaître. Il s’entroupe dans les fils d’acier tranchants. Déjà quarante autres qui filaient prestement sont englués dans la même machine. Certains ont sorti les pinces et coupent comme on écope, mais la plupart ont jeté les fusils et font la tortue. Dans le sillon d’en face, les feldblau n’ont qu’à viser, comme à la foire. Ils prennent leur temps, s’appliquent&amp;nbsp;: les autres ne bougent presque plus dans les frisures du barbelé. Quand on les tue, il s’affaissent tout doucement, comme des petits garçons que le sommeil surprend au milieu de leurs jouets.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;A plus de trois kilomètres en arrière, un pointilleux colonel fait des inventaires avec une longue-vue de marine. Il a l’air d’un qui a rédigé des &lt;i&gt;Mémoires&lt;/i&gt;. Très bombé. Sa moustache neige reçoit des soins quotidiens. Gants cuir.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Il replie l’optique, agacé, puis dicte des coordonnées, par téléphone, au poste d’artillerie. Cravache cuir. Que l’on bombarde cette racaille, ces tue-la-guerre.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Une ordonnance, portant également belle barbiche, vient à ses côtés, et tend du thé dans un godet. Je les bombarde lui annonce l’autre –qui&amp;nbsp;?- les nôtres&amp;nbsp;! Vous faites bien, mon colonel, constate le subalterne, cela les fera aller comme à la musette. Ca n’est qu’trop vrai, renchérit le premier, ce sont des ruraux, pour les faire danser, faut leur donner la musique.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Et ils rient.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Gants cuir. &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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        <name>Elias</name>
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      <title>Cahier du tachycarde (5)</title>
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      <published>2008-03-12T12:16:00+01:00</published>
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                              <summary>   La bouche qui dévorait la pensée    &amp;nbsp;   Les blogs sont-ils une...</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;b&gt;La bouche qui dévorait la pensée&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les blogs sont-ils une monstruosité&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Là où l'édition restreignait par principe l'espace de publicité individuelle, la blogosphère prétend la démocratiser dans l'espace infiniment élastique du Web. En effet, les octets ont plus de plasticité que le papier, et on peut y entasser à l’infini toutes les prétentions narcissiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce déversoir égalitaire a pour prétention d’accueillir toutes les âmes et tous les egos pour la modique somme d’une connexion Internet. Les plus médiocres penseurs des rues peuvent s’y dilater, comme du sang vicié dans un bassin d’eau pure. Les esprits les plus stagnants peuvent y semer leurs chiches idéations et cultiver leur jardin d’herbes sèches. Le mal de reconnaissance, qui est un mal nécessaire pourtant, peut s’y soigner par le truchement des commentaires, autant de lieux où l’auteur des lignes reçoit l’oint de la critique et de la flatterie.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paul Virilio disait qu’Internet était l’abolition des dimensions géographiques naturelles. Il ne se trompait pas, mais à l’époque où il travaillait sur son texte, les blogs n’existaient pas. Aujourd’hui, la blogosphère dit autre chose&amp;nbsp;: elle dit qu’Internet est aussi l’abolition de &lt;i&gt;restriction&lt;/i&gt; qu’imposait l’édition papier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La blogosphère est l’étendard d’un monde sans restriction et sans sélection où parler et surcharger l’univers de Soi est plus important que d’écouter et d’embrasser l’Autre. L’image que Houellebecq peine tant à peindre (car je pense que Michel est un épouvantable scribouilleur) pour illustrer notre société, la blogosphère en fait une icône flamboyante. Ce rhizome à l’attaque des espaces infinis, il git exactement là où se réalise l’effondrement du monde occidental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le symptôme est bénin, autant que les blogs ne nuiront jamais à personne. Le mien est aussi médiocre que les autres, aussi vain, aussi bavard, je tiens à le dire. Les blogs ne nuiront jamais à personne, ils donneront des petits plaisirs à leurs auteurs, remplaceront avantageusement une thérapie comportementaliste pour d’autres, anesthésieront les affres d’une rupture pour celui-là, les angoisses de cet autre… et pourquoi pas après tout&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le symptôme est bénin. Je me fous des blogs. Souvent j’ai même lu du radical, du bon, du dense du vrai sur les blogs, et j’ai regretté que l’auteur n’ait pas travaillé sur papier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Le symptôme est de toute innocuité, mais le mal est profond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trop de mots, trop de friche…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l’épuisement…&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt;&amp;nbsp;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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